Entretien avec Félix MOLTENI, représentant de l’EDA Aliénor au concours de plaidoirie du mémorial de CAEN

Le 27 janvier 2018, avait lieu au mémorial des droits l’Homme de Caen la finale du concours de plaidoirie des élèves-avocats.

Chaque EDA de France y était représentée et Félix MOLTENI a fièrement défendu les couleurs de l’EDA Aliénor. Malgré sa prestation époustouflante, le grand prix du mémorial de Caen a été attribué à Vincent NICLOT qui représentait l’EDA de VERSAILLES.

Lors de ce concours, chaque participant devait défendre un cas avéré de violation des droits de l’Homme. Félix a choisit de défendre Cédric Herrou, agriculteur français condamné par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants à traverser la frontière italienne.

Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions sur sa participation à ce concours et sa plaidoirie est accessible via la lien https://www.youtube.com/watch?v=oURTG3RCAZY&feature=youtu.be (à partir de 1h03 de vidéo).

Un grand bravo à Félix et merci pour sa coopération !

Question : Cher Félix, tu as participé samedi 27 janvier au concours de plaidoirie des élèves-avocats au mémorial des droits de l’Homme à Caen. Peux-tu nous parler de cette expérience et de ce que tu en a appris ?

Réponse : Je pense avoir appris à deux niveaux. Tout d’abord, choisir de défendre Cédric Herrou m’a incité à faire un véritable travail de recherche sur l’article L622-1 du CESEDA (le fameux « délit de solidarité ») et sur la condition des migrants à la frontière franco-italienne. Cela m’a permis d’approfondir un peu plus ces sujets. A ce titre j’ai pu m’entretenir directement avec Cedric Herrou. Une super rencontre, tant l’homme est profondément intelligent, sympathique et humain. Ensuite, je pense que l’exercice en lui même a été formateur. C’était la première fois que je prenais la parole devant 700 personnes et également la première fois que je me prêtais à ce type d’exercice dans un micro. J’ai du gérer mon stress, mes gestes et ma voix. C’était assez intense.
Question : Tu as dû choisir un cas avéré de violation des droits de l’Homme pour ton inscription à ce concours. Tu as donc choisit de défendre Cédric Herrou, agriculteur français condamné par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants à traverser la frontière italienne. Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à faire ce choix ?
Réponse : Je trouve ce sujet intéressant dans la mesure où il est au carrefour de plusieurs problématiques. La condamnation de Cédric nous fait réaliser l’existence d’un véritable délit de solidarité dans notre droit (compte tenu du caractère inopérant de l’immunité humanitaire aujourd’hui). Mais en plus de cela, sa condamnation nous met face aux carences de l’Etat français en matière d’accueil des migrants : qu’il s’agisse des conditions dans lesquelles s’exercent les contrôles aux frontières, du défaut de protection des mineurs étrangers isolés ou encore du dysfonctionnement du dispositif d’asile.

 

Question : Effectivement ta plaidoirie souligne à la perfection « l’absurde » et « le puant » de cette décision de justice, pour reprendre tes propres mots. Sur un registre plus léger, quelles ont été tes conditions d’accueil et de travail. Comment as-tu préparé ta plaidoirie ?
Réponse : Le travail a été divisé en deux : l’écriture et l’expression. Pour l’écriture j’étais tout seul. Cela m’a pris à peu près tout le mois de novembre. Je l’ai fait pendant mon PPI et mes collègues ont été très compréhensifs. Pour l’expression j’ai sollicité tout mon entourage pour avoir des impressions. Pendant cette période là j’ai beaucoup travaillé avec Selim Vallies qui a été d’un soutien sans faille et qui m’a accordé beaucoup de son temps.
Question : As-tu eu l’occasion d’échanger avec les participants des autres écoles ? Et lequel ou laquelle t’as le plus impressionné ?
Réponse : Oui, les candidats sont logés dans le même hôtel et l’organisation du Mémorial fait en sorte que nous puissions nous rencontrer et échanger. L’entente entre les candidats était extrêmement bonne. Je les ai tous trouvé très bons, dans des styles différents. J’ai particulièrement aimé la plaidoirie de Nathanaël (le candidat de Poitiers) et celle d’Anthony (le candidat de Toulouse). La forme, le fond, tout y était.
Question : Une expérience très enrichissante à n’en pas douter. Pour finir que dirais-tu à ceux qui hésitent encore à participer à des concours de plaidoirie, notamment celui organisé par l’association qui permet au vainqueur d’aller représenter l’EDA Aliénor à CAEN ?
Réponse : Je leur dirais qu’ils n’ont rien à perdre et tout à gagner. Que c’est enrichissant et que c’est aussi très formateur pour notre futur métier.